Lundi 9 Juin 2008
Le conte de L'OEillet
Après de longues années d'attente, une reine met au monde un enfant du miracle, dont la qualité singulière est que tous ses voeux, quels qu'ils soient, se réalisent ici-bas.
Le roi et la reine sont au comble du bonheur.
Mais le cuisinier du château souhaite détourner le don merveilleux à son propre profit.
Il enlève l'enfant et le cache, en faisant croire au roi que des bêtes sauvages l'ont emporté, un jour que la reine s'était endormie avec lui dans le parc du château.
Furieux, le roi fait enfermer sa femme dans une tour.
Le cuisinier rejoint l'enfant, qui a grandi, et lui demande de souhaiter un beau château avec son parc.
Instantanément, le château est là.
Puis il lui demande de souhaiter une belle demoiselle comme compagne.
Le cuisinier cherche ainsi à occuper l'enfant, afin qu'il le laisse vivre sans souci la vie de château.
La demoiselle apparaît à son tour : elle est d'une beauté extraordinaire.
Le temps passe : le cuisinier tout à sa vie de seigneur et le prince grandissant auprès de la demoiselle.
Mais le cuisinier veut éviter que le jeune homme ne s'interroge sur ses origines, et il demande à la demoiselle de l'exécuter.
Celle-ci s'y refuse et avertit le prince.
Ce dernier formule alors le souhait que le cuisinier se transforme en un caniche noir pourvu d'un collier fait d'une chaîne d'or et dévorant des charbons ardents jusqu'à ce que la flamme lui sortent de la gorge.
Prenant enfin conscience de lui-même à l'occasion du danger soudain, le prince découvre toute son histoire, et décide de retourner vers les siens.
Mais la jeune fille ne connaît rien de son monde, et ne souhaite pas s'y rendre.
Pour lui éviter l'adaptation du voyage, il la transforme en œillet et l'emporte avec lui, ainsi que le caniche noir.
De retour chez lui, il va prévenir sa mère et lui annonce sa prochaine libération, mais la laisse enfermée dans la tour.
Puis il va trouver son père sans se faire reconnaître et se fait engager comme chasseur, avec la promesse d'une abondance de gibier.
Les forêts sont stériles depuis de longues années, mais le roi accepte le pari du changement.
Et, de fait, le prince n'a qu'à souhaiter du gibier pour que celui-ci se précipite dans le piège des chasseurs.
Devant une telle abondance, si soudaine, le roi organise une fête à laquelle il convie tous les grands du royaume.
Il exige que le chasseur se tienne à ses côtés.
Ce dernier, à table, émet le souhait que quelqu'un prenne sur lui d'évoquer le souvenir de la reine enfermée.
Le maréchal, qui est le plus courageux de l'assistance, se lève et demande au roi ce qu'il est advenu de la reine.
Le roi entre dans une grande colère et rappelle la faute de son épouse qui n'a pas su préserver leur enfant.
Le prince se lève à son tour et se fait reconnaître.
Il raconte toute l'histoire et produit ses preuves : le caniche qu'il rend à sa forme de cuisinier et l'œillet qui redevient la belle jeune fille qui lui a sauvé la vie.
Le roi est alors placé devant l'iniquité de son jugement, et demande à ce que la reine soit aussitôt tirée de prison.
Affaiblie par son épreuve, la reine meurt, suivie de près par le roi dévoré par le chagrin.
Le prince épouse la jeune fille et règne sur le royaume.
Par Sol, Lundi 9 Juin 2008 à 11:46 GMT+2 dans Ma rubrique








